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Vouloir définir le Guadeloupéen type n'aurait guère de sens, cela reviendrait à affirmer que tous les habitants des Etats-Unis (toutes proportions gardées !) peuvent se résumer en un portrait-robot. Absurde. En effet, la Guadeloupe est un joyeux mélange d'origines et de cultures, assez représentatif du reste du monde. Sans être un véritable melting-pot, dans la mesure où les différentes communautés ne se mélangent pas complètement, la Guadeloupe est absolument multi-ethnique, et pluriculturelle. Les Noirs sont majoritaires, originaires d'Afrique, issus de l'histoire tragique de l'esclavage. Outre cette population, on trouve les descendants des Indiens caraïbes, une importante communauté d'Indiens venus d'Inde au lendemain de l'abolition de l'esclavage (1848), des Libanais, des Syriens, des Chinois, souvent venus de Guyane où leur implantation est solide, des Haïtiens, des Italiens, des Blancs békés et Blancs "pays", descendants des colons, et bien sûr les "métros", les Français métropolitains venus de l'Hexagone, de la métropole.
Au sein de cette population hétérogène, le brassage est très important: beaucoup d'Antillais vont vivre en France, beaucoup d'émigrants, essentiellement métropolitains, viennent vivre en Guadeloupe, et comme l'appel des racines est fort, les échanges avec l'Afrique, l'Inde, les pays de la Caraïbe, sont nombreux. D'où un sentiment d'appartenance mitigé: la Guadeloupe est une terre de déracinés qui se sentent français mais aussi, au moins autant, africain, caribéen, indien, chinois, brésilien... Ainsi, lors de la finale de la coupe du monde de foot 1998 France-Brésil, les supporters du Brésil étaient très nombreux, y compris au sein des fêtards que l'on pouvait rencontrer en boîte et dans les rues le soir de la victoire de la France. Du reste, si la fête était partout cette nuit-là en France, c'était ville morte dans bien des communes en Guadeloupe. Cet exemple est très significatif, et difficile à comprendre lorsqu'on n'a pas en tête le contexte complexe de ces Antilles certes
françaises, mais tellement métissées. Ce sont là toutes les ambiguïtés de la créolité, et beaucoup d'Antillais sont en quête de leur propre identité.
Reste que le mélange des genres se passe plutôt bien en Guadeloupe. Les communautés coexistent dans une tolérance partagée, chacun peut s'intégrer dans cette société à condition de n'avoir pas de préjugés et de comprendre ce que mélange des cultures veut dire. Ce n'est pas le cas de tout le monde. Mieux vaut avoir l'esprit ouvert pour y parvenir. Racistes, restez chez vous. J'ai souvent entendu dire que sur cette île, le racisme existait, notamment celui des Noirs envers les Blancs. Je persiste à penser qu'il ne s'agit pas de racisme pur et dur, basé sur la couleur de la peau, mais d'un vrai fossé culturel, d'une incompréhension mutuelle liée à des origines très différentes. Les Noirs sont souvent méfiants envers les métros, qui eux-mêmes sont souvent arrogants, de même que les békés, les descendants des riches propriétaires terriens.
Mais pour faire tomber bien des barrières, il existe une solution universelle et imparable: la courtoisie et le respect mutuel. Ces règles-là sont fondamentales aux Antilles particulièrement, car les Antillais sont généralement très fiers voire susceptibles. Mais s'ils se sentent respectés, alors ils changent d'emblée, laissent tomber le masque fermé, et ils s'avèrent alors très chaleureux et généreux. En résumé, les Guadeloupéens ne sont pas toujours d'un abord facile, mais ils donnent aussi de vraies leçons de gentillesse.
Dernière chose: les hommes sont très dragueurs, voire entreprenants. Un refus courtois mais ferme, et cela ne va pas plus loin, mais attendez-vous, si vous êtes une femme, à être très souvent sollicitée!
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